dimanche 4 octobre 2009

Cadeau...pluvieux

Je tiens « En ce temps-là, il pleuvait » comme une des meilleures attaques de roman qui puisse se trouver. « Il pleut » apporte aussi tout de suite un rythme et une couleur particuliers, moins mélancoliques que la phrase précédente.
On peut sur ce modèle, concevoir un certain nombre de premières phrases qui, une fois écrites, se laissent suivre avec facilité, sans effort, par deux centaines de feuillets. Ils en découleront avec naturel et logique.
J’aime surtout : « S’il avait plu ce jour-là », qui inaugure une histoire désabusée. Plus revendicatif serait : « Il aurait pu pleuvoir. » Plein d’espérance : « Pour peu qu’il pleuve… » Mystérieux, et même très mystérieux : « Elle crut qu’il pleuvait… »
On peut vouloir quelque chose de plus élaboré : « Il se confirmait donc qu’il pleuvait » ou : « Pourquoi aurais-je dû penser qu’il pleuvait ? » Ou encore, et plus subtil : « Il se dit que la pluie compliquerait les choses. »
Bibliquement ou prophétiquement surréaliste : « Je sais qu’il pleuvra un jour… »
Convivial et popote, style écrivain du terroir : « Nous fûmes accueillis par la pluie. »
Erotique : « La pluie mouillait. »
Proverbial : « Petite pluie, gros chagrin. »
Chacune de ces phrases appelle u ne histoire, des personnages, un décor, une ambiance, une philosophie, une religion. Elles sont tendues comme des ressorts, remontées comme des horloges, elles contiennent l’énergie qui créera la nouvelle ou le roman. Il n’y a qu’à les suivre.
On peut, bien sûr, remplacer la pluie par la neige…
Pleut-il ? Gallimard, 2007
Franz Bartelt

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Et un gros MERCI !!!!

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