dimanche 30 novembre 2008

Expo " Permis de croquer "




Dans le cadre du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme, La Bibliothèque Historique de la Ville de Paris fait la part belle à la liberté d’expression, à travers l’exposition Permis de croquer commissionnée par Frédéric Casiot et Plantu. En lien avec le projet de fondation Cartooning for Peace, prochainement inaugurée à Genève, vingt-huit dessinateurs et caricaturistes de toutes nationalités se réunissent pour défendre l’intérêt du dessin de presse comme outil de communication et de compréhension du monde.
L’exposition est organisée autour de cinq thèmes : Délits d’humour, Affaires d’Etats, Portraits des puissants, Le choc des cultures et SOS Terre.
Outre les 250 dessins exposés, l’événement se présente comme un lieu d’échanges et de débats avec les dessinateurs exposés, parmis eux : Plantu, Willem (France), Dilem Ali (Algérie), Ana Von Rebeur (Argentine), Thembo Kash (Congo), Carsten Graabaek (Danemark), Yamano No-Rio (Japon), Khalil Abu-Arafeh (Palestine), Andrezej Krauze (Pologne), Mikhail Zlatkovosky (Russie)
Lu sur http://www.etapes.com/agenda/expositions/agenda-dessin-de-presse-fete-60eme-anniversaire-de-declaration-universelle-droits


Un costumier délirant


Li Xiaofeng


La zénitude




Jacques Salomé
Je m’exerce à la zénitude
Je m’exerce à la zénitude et c’est dur. Depuis le temps, cela devrait couler de source, être acquis quand même avec tout le travail que j’ai fait sur moi !
Mais comme j’ai parfois (parfois seulement) un caractère de cochon, alors ma zénitude s’envole, disparaît et me laisse nu, démuni devant la vie. Je dois dire que j’ai des impatiences, en particulier pour tout ce qui touche à des aspects de ma vie qui me paraissent essentiels et quand ils sont maltraités ou niés par autrui ou, comme dirait un de mes fils, "quand on vient te chercher... tu montes vite au créneau", je deviens alors irritable, tranchant et pour tout dire quelquefois blessant pour ceux qui m’entourent. Il y a parfois dans mes comportements relationnels toute une dimension réactionnelle qui est en désaccord avec mes choix de vie, avec mes valeurs et surtout avec ce que je tente d’enseigner ou de transmettre. Je souffre par exemple de me laisser trop souvent envahir par des problèmes mineurs, de me laisser atteindre émotionnellement par des questions qui me semblent dans l’après-coup, puériles ou sans aucun intérêt et qui, si j’avais eu plus de recul, n’auraient pas effleuré trop longtemps ma conscience. Je suis donc capable, avec beaucoup de sincérité et d’enthousiasme, de me polluer, de me gâcher une soirée ou toute une fin de semaine en remâchant mon indignation, en refaisant cent fois le scénario d’une situation pour montrer qu’il aurait été possible de dire, de ne pas dire, de faire ou de ne pas faire autrement, si seulement on avait pris un peu de temps pour me consulter, pour m’en parler, pour échanger, pour faire autrement quoi !
Tout cela m’a paru durant très longtemps comme faisant partie du lot quotidien de la vie, mais je découvre aujourd’hui que cela pose plus de problèmes non aux autres, mais à moi-même, à l’intime de moi-même. Car cela réveille en moi une structure paranoïde que je connais bien (vous savez celui qui se sent persécuté pour un rien et qui alors se sent en droit d’être à son tour pénible, hargneux voire persécutant à son tour !) Cette composante de ma personnalité est une vieille connaissance, qui m’accompagne depuis longtemps et qui serait risible, si elle n’était douloureuse...
Je croyais pourtant au cours des dernières décennies avoir jugulé, calmé et apaisé, cette dimension persécutoire récurrente, qui même si elle n’a pas une dimension pathologique grave, reste trop envahissante, empoisonnante ! Je pensais que j’avais parcouru, après tant de parcours thérapeutique, tant de formations aux relations humaines, un chemin suffisant pour ne plus me laisser envahir par elle. Mais comme disait ma grand-mère, qui semblait en savoir beaucoup sur la faiblesse humaine, "où qu’on se tourne et aussi vite qu’on aille, on a toujours son derrière derrière soi ! " Ainsi mon avatar paranoïde semble, malgré mes efforts, toujours présent à l’arrière plan de mes pensées, de mon imaginaire, de mes rêves de vie.
Pourtant aujourd’hui, mon aspiration la plus profonde c’est d’être moins réactionnel, plus cool, plus souple, en un mot plus zen ! Plus zen, c’est-à-dire être capable d’accueillir sans être déstabilisé les frustrations inévitables de la vie, de pouvoir « encaisser » des incompréhensions, voire des injustices sans « grimper » tout de suite aux sommets de l’indignation, d’accepter les déceptions ou tout au moins d’être plus capable d’entendre le vécu de l’autre.
Etre zen, dans mon imaginaire, ce serait de ne plus me persécuter avec des pensées parasites, de ne pas m’angoisser pour des futilités, d’éviter de bloquer ma respiration, de ne plus entendre dans ma tête la répétition en boucle de ce qui m’a été fait et qui n’aurait pas dû m’être fait ! Bref d’être capable de relativiser, de prendre du recul, de garder le sourire, le regard clair et une impression de bon, de chaud tout à l’intérieur.
Etre zen serait de rester présent au présent. Simplement cela : être vivant, entier, en paix, là où je suis, quel que soit avec qui, quel que soit l’endroit où je suis !


Jacques Salomé est l’auteur de :

Pourquoi est-il si difficile d’être heureux. Albin Michel

Et si nous inventions notre vie . Ed Relié.

A qui ferais-je de la peine si j’étais moi-même. Ed de l’Homme
Site : http://www.j-salome.com/

Cadeau



Jacques Schlanger, Nouvelle Solitude
Éditions Métailie /poche, essais, 2006


Ecrire p.13
Écrire, plaisir d’écrire, de tenir un stylo à la main, de le faire passer sur le papier, d’avancer, de noircir la feuille - plaisir physique de l’écriture. Aujourd’hui, avec le clavier de l’ordinateur, j’ai l’air désuet à vanter le plaisir de tenir un stylo à bille à la main et de faire provenir la trace de l’écriture directement du prolongement de mes doigts. J’ai une écriture illisible, surtout quand j’écris vite, quand j’essaie de capter, de retenir, de noter la pensée qui flotte, les mots qui se bousculent pour sortir, le plein d’idées que je veux débroussailler pour en faire un texte, pour insérer ligne par ligne des éclairs diffus d’écriture. Il n’en reste pas moins que j’aime l’acte même d’écrire, d’immobiliser par écrit les textes que je découvre en moi, les paroles que j’invente, les idées que je cherche à retenir. Il y a dans l’écriture un plaisir physique de l’invention, de la rétention de la pensée, étonnement du passage du blanc au noir, du vide au plein, d’un vide qu’ébranlent des signes de plein. (...)
Écrire un livre, avoir envie d’écrire un livre, de fabriquer un ouvrage, de faire une œuvre. S’installer à sa table pour écrire, pour se parler à soi-même, pour mettre sa pensée au net, pour rendre ses comptes à soi-même, et aussi pour le plaisir de communiquer, pour se faire connaître, pour être reconnu. Écrire quand on a quelque chose à dire, écrire quand on n’a rien à dire, écrire juste pour le plaisir d’écrire, écrire parce que l’écriture est signe qu’on vit encore, que tout n’est pas terminé, qu’on n’est pas encore en simple attente de la mort, en état de pré-mort. Écrire pour le plaisir, pour la reconnaissance, pour la gloire, pour communiquer, pour faire savoir, et pour d’autres raisons encore - tout cela du domaine du rêve, du désir, de l’espoir. Puis il y a toujours ce doute, cette question qui irrite : pour qui tous ces livres, qui va les lire, qui veut les lire, et pour qui ce livre-ci ?
Écrire un livre : non pas l’obligation de l’écriture, le publish or perish des universitaires qui engage des vies entières dans le malheur de la production académique, dans de petites livraisons effectuées au fur et à mesure des étapes de la promotion - manière-simulacre d’exister devant les collègues, les étudiants et soi-même. Mais écrire un livre parce que c’est une joie d’écrire, une joie de faire des choses avec des mots et avec des idées. Non pas la corvée, même bien faite, mais le plaisir, le défi de faire, même si la production n’est pas toujours à la hauteur de l’intention.


Contempler / construire p.50
J’ai trois ans, une route en pleine campagne, je suis assis sur une poussette, le visage vers l’avant, il fait frais, je suis au chaud, bien couvert ; le vent caresse mon visage et me picote doucement. Je m’éloigne d’un endroit qui ne me plaît pas, je vais vers un endroit que je ne connais pas, je suis plein d’espoir et de joie. Poussé par une femme que j’aime, que je ne vois pas mais dont je reconnais la voix, qui me guide et me parle avec tendresse, je regarde autour de moi, je suis parfaitement heureux. Mon premier souvenir, souvenir de bonheur. (...) C’est de cette posture rêvée de mon enfance que parlent les Stoïciens et Spinoza : est libre l’homme qui sait reconnaître les contraintes de la nécessité et agir en accord avec elles ; sa liberté est tenue par les limites que la réalité, que sa réalité lui impose. Je suis le visage au vent, ouvert sur le monde, ouvert sur mon monde : mais en même temps, je suis assis sur ma poussette, tenu par elle, par mon monde, par mon " corps/esprit ", par ma culture, par ma vie, par ma mort. Etre libre, reconnaître les contraintes comme des amies dont il faut s’accommoder, et aussi comme des moyens avec lesquels il faut agir. (...)


Espérer p.82
Sur les pierres tombales égyptiennes, dans les bas-reliefs assyriens, on trouve en bas, dans le coin, loin des dieux et des rois, un petit personnage à genoux, les mains ouvertes, les paumes en l’air, le visage tendu vers l’avant, le regard fixé vers les dieux : le suppliant. Il demande la vie, la santé, le bonheur, la richesse, la gloire ; il tend les mains, il supplie, il espère. Posture de la supplication et de l’espérance. Limoges, place de la République, janvier 1944, j’ai treize ans. Je traverse la place pour aller voir mon ami Chimy. Soudain une rafle, la place est bouclée par un cordon de gardes-mobiles, mousqueton à la main, pied contre pied, les jambes écartées. Pour sortir, il faut passer par un poste de contrôle, montrer ses papiers. J’ai sur moi une fausse carte d’identité, que j’ai peur de montrer. Je suis pris de panique, je ne sais plus que faire, je longe la ligne des gardes-mobiles, en m’efforçant de ne pas courir, de paraître naturel. Je ne regarde pas les gardes-mobiles, mais leurs jambes qui font grille. Soudain, je lève la tête, je saisis le regard d’un garde-mobile, je le vois encore, il me regarde, et brusquement il me prend par l’épaule, me plie entre ses jambes, me pousse vers l’extérieur, en me disant : " fous le camp ! ". Je me relève, je cours, je suis sauvé. (...) J’ai supplié pour ma vie, sans crier, sans pleurer, avec juste un regard. Aurais-je dû ne rien faire, rester impassible, stoïque, accepter ? Ou bien lutter, me battre, chercher à forcer le barrage de policiers ? Non, j’ai supplié, car il n’y avait rien d’autre à faire, j’ai supplié parce que j’espérais. Derrière la supplication il y a l’espérance. Là où le droit et le mérite n’ont plus cours, là où la puissance est ailleurs, là jouent la chance et la malchance. (...)

Superbes extraits trouvés sur le site http://www.fondation.laposte.fr/index.php

Art en temps de guerre ?



http://warart.archives.govt.nz/WWI
http://warart.archives.govt.nz/WWII

" War Art " ...comment traduire cette expression? En français, ces deux mots juxtaposés " art " et " guerre " paraissent déplacés, incongrus. C'est pourtant ce que propose ce site du gouvernement néozélandais avec ces dessins de temps de guerre.
http://warart.archives.govt.nz/
Pas d'appareil photo mais des crayons, des fusains, des pinceaux parfois...du journalisme quotidien.

La villa Santo Sospir

Un film de 35 minutes de Cocteau, intitulé " La villa Santo Sospir ". Film amateur en 16 mm, une sorte de " home movie " dans lequel Cocteau fait visiter la maison d'un ami sur la Côte d' Azur. La maison elle-même est abondamment décorée, la plus grosse part par Cocteau lui-même et un peu par Picasso.
http://www.ubu.com/film/cocteau.html

Humeur du matin

...dans l'attente! L'attente de quoi? je l'ignore.
Il est parfois des matins où je ne sais pas où j'en suis, ce que je ressens, ce que j'attends.
JE SUIS!
Seul mon corps est là, parfois douloureux et lourd, parfois aérien et joyeux.
Ce matin est en suspension.
L'hiver s'installe. Je n'y peux rien. J'ai beau lutter et me convaincre que mon soleil est intérieur, qu'il devrait suffire à faire passer cette journée sans encombre, je n'arrive pas à trouver de la beauté à ces jours gris, ventés et froids.
Si j'habitais la campagne, je découvrirais sans doute mille détails m'indiquant que tout bouge, que tout évolue mais la ville est immuable, immobile.
Novembre se termine dans le morose, les fureurs des hommes. Décembre amène la folie des fêtes, une excitation joyeuse, une agitation continue et incontrôlable.
J'aime les fêtes de Noël, elles me ramènent ma famille en entier. C'est le moment de recharger mes batteries en amour et en rires ( et j'omets volontairement la bonne chère! ) :-)



Humeur du jour

 Un si long silence! Au début, j'étais préoccupée par de nombreux rendez-vous médicaux puis le non désir pointa son nez et je m'éloi...