dimanche 29 mars 2009

Cadeau



« Comme le danseur, dont le corps a si bien apprivoisé la musique qu’il la suit tout en la dominant, marquant les accents et jouant avec le tempo, entre anticipation et retard, pour donner au rythme un relief que l’on ne soupçonnait pas, l’écrivain, esclave semi-consentant du temps, se soumet à la chronologie, à la logique du temps, tout en la domptant. La lecture se déroule, mais seul le poète est maître de la lecture. On aurait tort de croire que le rythme de lecture dépend du lecteur, de son acuité visuelle ou de ses talents intellectuels, le rythme est, par avance, défini par la main qui écrit. »
Geneviève Brisac, Agnès Desarthe, La double vie de Virginia Woolf
Via http://textespretextes.lalibreblogs.be/litterature/


Et voici le tout début de Zulu, de Caryl Ferey:


— Tu as peur, petit homme ?... Dis : tu as peur ?

Ali ne répondait pas — trop de vipères dans la bouche.

— Tu vois ce qui arrive, petit Zoulou ? Tu vois ?!

Non, il ne voyait rien. Ils l’avaient saisi par la racine des cheveux et tiré devant l’arbre du jardin pour le forcer à regarder. Ali, buté, rentrait la tête dans les épaules. Les mots du géant cagoulé lui mordaient la nuque. Il ne voulait pas relever les yeux. Ni crier. Le bruit des torches crépitait à ses oreilles. L’homme serra son scalp dans sa main calleuse :

— Tu vois, petit Zoulou ?

Le corps se balançait, chiffe molle, à la branche du jacaranda. Le torse luisait faiblement sous la lune, mais Ali ne reconnaissait pas le visage : cet homme pendu par les pieds, ce sourire sanglant au-dessus de lui, ce n’était pas celui de son père. Non, ce n’était pas lui.

Pas tout à fait.

Plus vraiment (…)


J'avoue que les battements de mon coeur ont souvent eu des ratés. J'ai souvent manqué d'air, eu envie de refermer ce livre, envahie d'un malaise bien présent. C'est fort, c'est noir, c'est brûlant. La chaleur étouffante décrite dans le roman semble tout envahir, y compris la pièce où l'on se trouve. Cela n'a rien à voir avec les classiques romans policiers que j'affectionne et c'est ce qui m'a déstabilisée. L'écriture est belle et brillante mais le sujet est âpre et dérangeant.

Et comme le disent les auteurs de l'extrait cité au début, j'ai dansé au rythme des mots de Caryl Ferey... mal dansé mais dansé quand même :-)



Dorte Christjansen

Les somptueux batiks sur soie de Dorte Christjansen:
http://web.mac.com/dchristjansen/iWeb/Site/Welcome.html
Originaire de Copenhague, elle vit et enseigne maintenant en Californie.
Petit rappel pour les " oublieux ":
Le batik: cette façon de peindre la soie est très utilisée. Elle consiste en la superposition de couleurs. Tendez la soie sur le métier puis faîtes chauffer de la cire au bain-marie. Appliquez la cire sur les parties que vous souhaitez protéger et laisser sécher. Une fois la cire durcie, peignez les parties vierges. Laissez sécher, posez du papier absorbant sur la cire et chauffer avec le fer à repasser de manière à faire fondre celle-ci pour la retirer.Procédez ainsi avec les autre couleurs.






















Ma minute quotidienne d'énervement

http://berthomet-le-blog.20minutes-blogs.fr/
Un article résumant parfaitement ce que je pense de ce cirque .
Une question se pose à moi en découvrant les manifestations en Corse. Ces manifestants auraient-ils eu la même attitude si l'accusé avait été grenoblois ou bordelais? Ne défendent-ils pas plutôt un des leurs, un Corse avant tout? C'est ce qui me met mal à l'aise.

José Bonhomme

http://josebonhomme.com/
"J’expérimente la vie comme infiniment belle, et souvent, comme redoutablement difficile ; et ce n’est pas naïveté de ma part : c’est mon choix de sculpteur que de chanter le beau. Au travers principalement du corps de la femme, au-delà de toute séduction : quand elle se contente d’être ce qu’elle est » … ces quelques mots de José Bonhomme rendent pleinement compte de la démarche artistique de ce sculpteur trop tôt disparu.
Onctuosité et plénitude, ai-je lu sur un site et - curieusement - ce sont ces mots-là qui me sont spontanément venus à l'esprit, en découvrant ces oeuvres.











Quais du Polar ( suite )

« Car c’est une grande force, en vérité, que d’être hors du temps : de vivre dans les idées, dans le contact avec des auteurs de pays divers et de temps lointains, qui sont très différents et qui pourtant vous touchent, donc vous ressemblent. Cela fortifie, cela aide. Cela vous forme comme les voyages forment la jeunesse. Cela vous aide à jauger les « événements qui font l’histoire du monde » comme y aide la vue des ruines, des temples, des palais, dont au demeurant, chacun recherche avec passion la connaissance. »
Jacqueline de Romilly

Une force, une énergie, une communion active, remuante et passionnée: voilà ce que j'ai ressenti hier, au milieu de la foule de visiteurs, d'exposants, d'écrivains, de bénévoles et d'organisateurs de la manifestation.
Nous étions tous réunis, unis autour d'une même idée, d'une même passion pour le " polar ". Je n'ai pas utilisé le mot " roman " car j'ai découvert d'extraordinaires BD au stand de la librairie Experience :http://www.librairie-experience.com/index.php
De la belle ouvrage, des BD d'une grande qualité, papier et couvertures à l'avenant. Je me suis jurée d'aller leur rendre visite. Mon homonyme Martine, bénévole comme moi, est absolument fan de cette librairie où elle achète régulièrement des ouvrages. Elle fut leur plus ardente publicitaire auprès de moi ces deux jours. Ma visite sur leur stand me conforta dans mon envie.
Des rencontres à foison: des bénévoles joyeux, actifs...des auteurs souriants et ouverts, prêts à passer beaucoup de temps en discussions impromptues avec leurs lecteurs...des organisateurs serviables bien que débordés ( merci Rachel et Lorraine, qui surent mener tout ce petit monde avec bonne humeur et efficacité )...et un lieu exceptionnel et magique, qui séduisit tous les visiteurs.
Une discussion avec Claude Mesplède, toujours disponible et prêt à s'enflammer dans la défense du Polar. Nous regrettions tous deux que ce genre soit si méconnu et méprisé!
Qu'importe le sujet d'une histoire, que ce soit pour narrer une série de crimes odieux ou la vie passionnante des alevins en Poitou-Charentes, ce qui fait la différence, c'est l'auteur et son écriture! Point ! Et l'écriture de certains polars est remarquable!
N'oublions pas les moments où Radio-Vipère émit pour parler de certains auteurs à la tête si grosse qu'il fallut ouvrir les deux battants des portes. Pour être honnête, sur ce Festival, seul un auteur français connu présenta ce symptôme, selon les confidences des bénévoles chargés de l'accompagnement :-)
On loua aussi la simplicité et la gentillesse des autres écrivains et de Michel Piccoli.
Clin d'oeil à ma miss qui me chambra gentiment à mon retour: j'eus la surprise hier d'être prise plusieurs fois en photos. Vers 15 heures, alors que mes chevilles ressemblaient déjà aux cuisses de Sébastien Chabal, je me réfugiai dans un coin à l'étage. Bien à l'abri, je m'écroulai, me vautrai plus exactement, pour lire un roman donné par l'organisation: " l'homme au ventre de plomb " de J.F Parot ( remarquable écriture et roman passionnant!)..
Plongée dans l'intrigue et déconnectée du brouhaha, je ne remarquai pas l'arrivée d'un photographe. Il me surprit en me demandant s'il pouvait me photographier. Etonnée, je lui en demandais la raison. " Vous êtes bénévole et vous lisez! Pour moi, vous symbolisez le Festival "...
Je repris donc ma lecture en pestant contre mes rondeurs qu'on allait voir dans cette position.. Je décidais de ne plus m'en soucier et lus quatre pages pendant qu'il me mitraillait pour le site du festival.
Plus tard, alors que je poursuivais ma lecture dans la minuscule salle réservée au staff, une organisatrice vint me faire la même demande.
Allons-y, pourquoi pas? Je suis en passe de devenir une star !:-))
Redescendons sur terre pour exprimer le plaisir ressenti au moment de la remise du Prix des lecteurs/ 20mn.
L'organisation avait eu une idée de génie en conviant six avocats du barreau lyonnais à plaider quelques minutes pour un des livres sélectionnés. Un pur régal et je crois qu'ils se sont bien amusés eux aussi.
Je peux donc dévoiler maintenant le livre élu par notre jury: Zulu, de Caryl Ferey.
Voir ce que le site http://silouane.blog.lemonde.fr/2009/03/18/zulu/ en pense!
J'avoue ne pas avoir voté pour ce livre mais il semble séduire beaucoup de lecteurs. Donc, allez vous forger vous-mêmes une opinion.
Voilà! Ma mission de reporter prend fin. J'espère que vous aurez pu - à travers moi - participer à votre manière, à cet évènement si particulier.
Dois-je signer cet article d'un nom de plume? :-))

Waouh !

Photo prise par le photographe Jack Bradley au moment exact où le jeune Harold Whittles entendit pour la première fois de sa vie. Son médecin venait de l'appareiller. Mon dieu, quel regard!
Via http://scout.tumblr.com/



Izzie Klingels

Lascivious
Playing Card Project
Une énigmatique et délicate composition de l'illustratrice anglaise Izzie Klingels :
http://www.izzieklingels.com/
J'aime infiniment le contraste entre la délicate dentelle noire et le rouge éclatant de la fleur et du ruban.
" lascive " est le mot qui convient. :-)



Warren Muller


















http://www.bahdeebahdu.com/
Dans la série " art déjanté qui fait jaser ", voici Warren Muller! Ses lustres sont des compositions hallucinantes, des entrelacs, des superpositions de matériaux variés, d'objets improbables.
Merci à http://morewaystowastetime.blogspot.com/2007/11/cool-stuff-warren-muller-lighting.html
J'avoue avoir un faible pour le " lustre " avec la voiture, si facile à caser dans mon duplex de 64 m2! :-)

Humeur du matin


...béate, en apesanteur!

Pas en apesanteur parce que je ne peux plus prendre appui sur des pieds boudinés d'avoir escaladé des milliers de marches, piétiné au milieu d'une foule compacte puis foulé les trottoirs lyonnais détrempés...non!

En apesanteur d'avoir participé à des moments exceptionnels, moi, petite lyonnaise anonyme.
J'ai rempli mon sac à bonheurs d'images, de sourires, de rencontres, de discussions, de liens pour l'avenir.

Aujourd'hui, je traîne sans remords, je vis au ralenti, je reprends des forces. Après le bruit et la foule, je savoure mon cocon.

J'irai simplement vérifier si la sortie en vélo prévue par l'association, aura lieu malgré la météo fantasque et fraîche.

Humeur du jour

 Un si long silence! Au début, j'étais préoccupée par de nombreux rendez-vous médicaux puis le non désir pointa son nez et je m'éloi...