vendredi 17 avril 2009

Cadeau

"Le péril dominical
Je ne suis pas un homme taciturne, et je ne suis pas non plus sujet aux dépressions. Pourtant comme je le dis souvent, le soleil peut bien avoir l'air de briller définitivement, il y a quand même toujours une bonne averse à proximité et un bon rhume en réserve pour ceux qui se donnent la peine de le chercher.
Mais, sincèrement, je ne vois aucun moyen de résoudre le problème du dimanche après-midi. Il y a des siècles que le dimanche après-midi est maudit entre tous les jours de la semaine. Avec sa tasse de café supplémentaire et ses masses de journaux, le dimanche matin peut avoir son charme ; l'inquiétante menace du "trois heures de l'après-midi " plane néanmoins, avec son soleil qui se met à briller aux fenêtres de derrière, et la vie qui s'arrête pile dans sa lancée.
Où que vous soyez - en Chine, en pleine mer ou dans un nid d'oiseaux -, vers trois heures de l'après-midi un drap funéraire s'abat sur le monde et partout les gens essayent en vain de trouver quelque chose à faire. Autant essayer ça dans une chambre à gaz de Sing-Sing, parce que même si vous essayez, où cela va-t-il vous mener ? C'est toujours dimanche après-midi.Le cafard commence à s'insinuer vers la fin du déjeuner dominical. Les trois ou quatre dernières cuillerées de bombe glacée perdent, on ne sait comment, leur saveur, et vous vous mettez à émietter votre gâteau au lieu de le manger. Lorsque vous êtes venu à bout de votre café, vous avez une prémonition certaine qu'avant peu - quarante ou cinquante minutes environ -, vous allez recevoir de mauvaises nouvelles : la mort de plusieurs personnes parmi celles qui vous sont chères, probablement, et peut-être même la vôtre. Puis la résignation succède à ce sentiment.
A quoi bon vivre, après tout ? Arrivé là, le dessert commence à vous donner la nausée.
En sortant d'un air morne de la salle à manger pour passer au salon, tout le monde se met à bâiller. Les montagnes de journaux qui avaient un air si intime avant le déjeuner n'évoquent plus que l'idée déprimante de la nature éphémère de la vie humaine. L'oncle Ben se dirige vers le sofa où il tombe rapidement dans une répugnante somnolence. Les enfants commencent à se chamailler et finissent par entraîner les adultes dans la promesse d'une assez vilaine rixe." Pourquoi n'allez-vous pas jouer dehors ? " demande quelqu'un." Jouer à quoi ? " demandent-ils à bon escient. Ce qui soulève toute la question du programme de l'après-midi ; les membres les plus éveillés de la compagnie essayant sans beaucoup de conviction d'y penser. Quelqu'un s'approche de la fenêtre et regarde au dehors. Il regagne sa chaise et quelqu'un d'autre se dirige vers une autre fenêtre pour regarder dehors, en appuyant son nez contre la vitre qu'il ternit de son haleine. Ceci n'a pratiquement pas d'effet sur la situation." Nous sommes bien peu de chose ! " dit un bavard pour essayer de faire la conversation. Cela tombe à plat, et il s'ensuit un long silence au cours duquel vous parcourez la pile de journaux pour voir si vous n'auriez pas laissé passer quelque chose en les lisant le matin. Vous allez jusqu'à regarder les nouvelles maritimes et la publicité des livres nouvellement parus.
" Cette vie de Susan B. Anthony doit être un livre intéressant ", dites-vous." Ah oui, pourquoi ? " demande Ed avec irritation. Ed est venu déjeuner parce qu'il était seul là-bas en ville, et maintenant il le regrette.
Il pense déjà au prétexte qui lui permettra de prendre le train de bonne heure et de rentrer chez lui. Comme vous n'avez aucune preuve à donner à l'appui de votre thèse, vous ne répondez pas.
De toute manière, vous ne pensiez pas réellement que la vie de Susan B. Anthony puisse présenter un intérêt quelconque.
On propose une promenade, ce qui suscite les grognements de tout le reste du groupe. La perspective de faire un bridge ne reçoit l'adhésion que de deux personnes sur les quatre dont l'enthousiasme, même très approximatif, est requis. Le soleil pénètre dans la pièce et vous vous apercevez que les chaises vertes ont besoin d'être recouvertes à neuf. Le tapis a l'air passablement miteux, lui aussi. Mais à quoi bon ? Quel sens cela aurait-iI de remettre à neuf alors que tout le monde sera mort avant longtemps, de toute façon ? La qualité de ce soleil du dimanche après-midi a quelque chose de très spécial. Les autres jours de la semaine, c'est un rayon de soleil comme un autre, avec une bonne gaieté bourgeoise. Mais le dimanche après-midi, il prend une acuité pénétrante qui ne fait que mettre le mobilier en vue. Que vous soyez en train de déjeuner à Hong-Kong au Busy Bee Lunch, de faire briller les cuivres d'un yacht sur la mer du Nord, ou de vous promener dans la propriété du vice-président d'un gros trust, ou d'apprendre à lire aux Indiens de l'Arizona, le soleil du dimanche après-midi vous dégoûte de tout ce qu'il touche. Il faut absolument arrêter ça.
Lorsqu'on inventa l'automobile, on aurait pu croire que le problème du dimanche après-midi était résolu. Vous pouviez vous installer sur le siège arrière d'une vieille guimbarde et pétarader dans la campagne, où vous n'étiez pas forcé d'écouter les gens jouer "Narcissus" au piano dans une maison voisine. (Les gens des maisons voisines jouent toujours "Narcissus" au piano le dimanche après-midi. S'il y a un bruit typique du dimanche après-midi, c'est bien celui du piano sur lequel on tape dans une maison voisine.)
Mais voilà, même en pleine campagne à des kilomètres de tout, on est obligé de prendre conscience du dimanche après-midi à cause du comportement bizarre des oiseaux ; malgré tout, en auto, on pouvait quand même repérer un espace libre et se mettre à faire des sauts périlleux (sans oublier de vider auparavant la monnaie restée dans ses poches), ou bien foncer dans un chêne, de manière à s'insensibiliser. Du moins, c'était possible durant les premiers temps de l'automobile.
Mais dès l'instant où tout le monde s'est cru obligé d'avoir son automobile, le premier souci des gens a naturellement été d'essayer d'échapper aux dimanches après-midi ; de sorte que dans un rayon de cent cinquante kilomètres autour de toutes les villes, les routes ont remplacé les marchés et les expositions de confiture locales. Aujourd'hui, la seule différence qu'il y a entre un dimanche après-midi à la ville et un dimanche après-midi à la campagne est que dans le second cas, vous ne connaissez pas les gens qui s'asseyent sur vos genoux.
Outre le désagrément d'être coincé sur une route départementale avec un tas d'inconnus, et de ne pas savoir quoi dire pendant les heures d'attente interminable avant de pouvoir avancer, il y a le réel danger d'une épidémie. Supposez qu'une personne emmène un enfant faire une promenade à la campagne le dimanche, et que pendant qu'ils sont pris dans une file de centaines de milliers d'autres automobilistes du dimanche, l'enfant attrape la rougeole. Le voilà donc porteur de germes et en contact avec au moins les deux tiers de la population. Il va propager ses microbes à droite et à gauche, déclenchant peut-être une épidémie qui envahira le pays avant que la population n'ait eu le temps de regagner ses foyers et ses gargarismes. On a accusé le métro et les logements surpeuplés d'être un bouillon de culture pour les maladies du nez et de la gorge. Va-t-on donc négliger de s'occuper des routes départementales du dimanche après-midi ?A vrai dire, je ne connais aucun remède au dimanche après-midi, du moins aucun qui m'inspire confiance. Le seul qui pourrait être efficace serait de mettre le feu à la maison vers une heure et demie. En alimentant le feu, on pourrait aboutir à une excitation suffisante pour oublier quel jour on est, du moins jusqu'à l'heure où il faut allumer la lumière. Ou bien vous pourriez descendre à la cave tout de suite après déjeuner et démonter la chaudière, en vous promettant de la remonter avant l'heure du dîner. Vous pourriez aussi louer un costume de bain, vous rendre au point d'eau le plus proche, et passer l'après-midi à patauger sous la surface de l'eau, en cueillant des anémones de mer et en ramassant des débris d'épaves.
La méthode que j'ai moi-même utilisée avec le plus de succès et le moins de frais est la suivante : achetez une petite quantité de véronal chez le pharmacien le plus proche, mélangez-le habilement à votre café le samedi soir, et allez vous coucher. Peut-être qu'en vous réveillant le lundi matin vous ne vous sentirez pas très frais, mais en tout cas vous aurez évité le dimanche.Ce à quoi il fallait arriver. "
Robert Benchley in Le Supplice des Week-ends, éditions 10/18, 1981
http://www.koikadit.net/

Deloss Webber

http://delrocks.com/
"Deloss Webber
J'aime infiniment ce tressage, cet enveloppement sensuel dont les motifs sont très zen, très reposants.












Animation


Tong
envoyé par Esma-Movie

Synopsis :

Un Petit scientifique vietnamien invente fortuitement un désintégrateur. Cette invention devrait être utilisée pour sauver l'humanité d'une menace planétaire. Malheureusement l'appareil ne va pas fonctionner comme prévu. . .

EQUIPE :

Réalisateurs : David SELLIER. Florent LIMOUZIN, Ludovic PIARD, Arnaud REAL

Musique : ARNAL Christian, CELLIER David

Son: José Vicente

Voix : Tong : Lan TRUHONG
Le Patron : Lionel ASTIER
Jacques BRIERES : le Président

Production : ESMA

André Petterson

Waouh! André Petterson a bien du talent! Ces jambes de femmes en mouvement et ces drapés sont magnifiques.
http://www.fosterwhite.com/dynamic/artist.asp?ArtistID=237

















Senêt


Senêt:
Né à Genève le 14 décembre 1942. Vit et travaille en France depuis 1975
http://www.galerielegrand.com/section13/planche000001.htm
J'aime sa puissance et la luminosité des toiles.










Ma minute quotidienne d'énervement

http://lesinfos.com/2009/04/16/exclusifdeputes-fantomes-voici-la-liste-nominative/
Exclusif/Députés fantômes: voici la liste nominative!

Et non, ce n'est pas de la délation! Ces personnages sont nos élus et des élus payés par nos deniers. Quel patron tolérerait longtemps de rémunérer un employé jamais présent dans son entreprise!?
Allons, un peu de morale et un grand coup de balai ne feraient pas de mal!
Une phrase me choque: " Dans cette liste de 142 noms, certains ont des excuses, tels que Xavier Bertrand, très occupé par ses fonctions de secrétaire général de l’UMP"...Heu, ne serait-ce pas là le problème typique du cumul de mandat?

Humeur du matin


...délicieuse !
Rendez-vous avec ma naturopathe sympa et j'espère qu'elle aura des réponses à donner à mes interrogations.
Aurai-je le courage d'aller ensuite vagabonder dans Lyon pour me changer les idées?
En fin d'après-midi, la première réunion de lecture aura lieu au Tasse-Livre. J'espère avoir la forme pour m'y rendre. Olivier est un mec bien et je suis certaine que ce débat sera intéressant.

La soirée fut tranquille devant la télévision. J'ai satisfait mon quota de beaux mâles avec Philippe Caroît dans RIS. J'adore cet homme. Avec l'âge, il a pris de l'assurance, une tranquillité qu'il n'avait pas au temps où il était simplement le bel acteur aux yeux bleus de service.

En milieu de soirée, j'ai obliqué sur une série particulière : " Wallander " sur la 6.
Amatrice de polars, j'avais lu plusieurs livres d'Henning Mankell. Je ne pouvais manquer leur adaptation.
Une question: les suédois rient-ils? Que ceux qui ont déjà visité ce pays me répondent! :-)
Laissons de côté les paysages et le climat pas vraiment réjouissants. Les personnages sont sérieux, tenaces, peu bavards et amateurs d'alcool.
La série est attachante et bien réalisée. La lenteur sied bien à ces paysages et à ces caractères.






Humeur du jour

 Un si long silence! Au début, j'étais préoccupée par de nombreux rendez-vous médicaux puis le non désir pointa son nez et je m'éloi...