mercredi 18 novembre 2009

Cadeau

Mais le plus merveilleux était qu'il y eût là, debout sur le dos rond de la planète, entre ce linge aimanté et ces étoiles, une conscience d'homme dans laquelle cette pluie pût se réfléchir comme dans un miroir. Sur une assise de minéraux un songe est un miracle. Et je me souviens d'un songe...

Echoué ainsi une autre fois dans une région de sable épais, j'attendais l'aube. Les collines d'or offraient à la lune leur versant lumineux, et des versants d'ombre montaient jusqu'aux lignes de partage de la lumière. Sur ce chantier désert d'ombre et de lune, régnait une paix de travail suspendu, et aussi un silence de piège, au coeur duquel je m'endormis.

Quand je me réveillai, je ne vis rien que le bassin du ciel nocturne, car j'étais allongé sur une crête, les bras en croix et face à ce vivier d'étoiles. N'ayant pas compris encore quelles étaient ces profondeurs, je fus pris de vertige, faute d'une racine à quoi me retenir, faute d'un toit, d’une branche d’arbre entre ces profondeurs et moi, déjà délié, livré à la chute comme un plongeur.

Mais je ne tombai point. De la nuque aux talons, je me découvrais noué à la terre. J’éprouvais une sorte d’apaisement à lui abandonner mon poids. La gravitation m’apparaissait souveraine comme l’amour.

Je sentais la terre étayer mes reins, me soutenir, me soulever, me transporter dans l’espace nocturne. Je me découvrais appliqué à l’astre, par une pesée semblable à cette pesée des virages qui vous appliquent au char, je goûtais cet épaulement admirable, cette solidité, cette sécurité, et je devinais, sous mon corps, ce pont courbe de mon navire.

J’avais si bien conscience d’être emporté, que j’eusse entendu sans surprise monter du fond des terres, la plainte des matériaux qui se réajustent dans l’effort, ce gémissement des vieux voiliers qui prennent leur gîte, ce long cri aigre que font les péniches contrariées. Mais le silence durait dans l’épaisseur des terres. Mais cette pesée se révélait, dans mes épaules, harmonieuse, soutenue, égale pour l’éternité. J’habitais bien cette patrie, comme les corps des galériens morts, lestés de plomb, le fond des mers.

Et je méditais sur ma condition, perdu dans le désert et menacé, nu entre le sable et les étoiles, éloigné des pôles de ma vie par trop de silence. Car je savais que j’userais, à les rejoindre, des jours, des semaines, des mois, si nul avion ne me retrouvait, si les Maures, demain, ne me massacraient pas. Ici, je ne possédais plus rien au monde. Je n’étais rien qu’un mortel égaré entre du sable et des étoiles, conscient de la seule douceur de respirer...

Et cependant, je me découvris plein de songes.

Ils me vinrent sans bruit, comme des eaux de source, et je ne compris pas, tout d’abord, la douceur qui m’envahissait. Il n’y eut point de voix, ni d’images, mais le sentiment d’une présence, d'une amitié très proche et déjà à demi devinée. Puis, je compris et m’abandonnai, les yeux fermés, aux enchantements de ma mémoire.

Il était, quelque part, un parc chargé de sapins noirs et de tilleuls, et une vieille maison que j’aimais. Peu importait qu’elle fût éloignée ou proche, qu’elle ne pût ni me réchauffer dans ma chair ni m’abriter, réduite ici au rôle de songe : il suffisait qu’elle existât pour remplir ma nuit de sa présence. Je n’étais plus ce corps échoué sur une grève, je m’orientais, j’étais l’enfant de cette maison, plein du souvenir de ses odeurs, plein de la fraîcheur de ses vestibules, plein des voix qui l’avaient animée. Et jusqu’au chant des grenouilles dans les mares qui venait ici me rejoindre. J’avais besoin de ces mille repères, pour me reconnaître moi-même, pour découvrir de quelles absences était fait le goût de ce désert, pour trouver un sens à ce silence fait de mille silences, où les grenouilles même se taisaient. Non, je ne logeais, plus entre le sable et les étoiles. Je ne recevais plus du décor qu’un message froid. Et ce goût même d’éternité que j’avais cru tenir de lui, j’en découvrais maintenant l’origine. Je revoyais les grandes armoires solennelles de la maison. Elles s’entrouvraient sur des piles de draps blancs comme neige. Elle s’entrouvraient sur des provisions glacées de neige. La vieille gouvernante trottait comme un rat de l’une à l’autre, toujours vérifiant, dépliant, repliant, recomptant le linge blanchi, s’écriant : « Ah ! mon Dieu, quel malheur », à chaque signe d’usure qui menaçait l’éternité de la maison, aussitôt courant se brûler les yeux sous quelque lampe, à réparer la trame de ces nappes d’autel, à ravauder ces voiles de trois-mâts, à servir je ne sais quoi de plus grand qu’elle, un Dieu ou un navire.

« LE MONDE A PEU PRÈS »

SAINT-EXUPÉRY

Extrait de TERRE DES HOMMES

Gill Galloway-Whitehead







http://www.gillgallowaywhitehead.com/
Gill Galloway-Whitehead, créateur(trice?) de bijoux. Mes promenades sur le net ne m'ont pas permis de déterminer le sexe de l'ange. Désolée!:-)
J'adore l'alchimie entre froideur grise de l'argent et chaleur explosive de l'or!

Harmonie



Einojuhani Rautavaara est un compositeur finlandais né le 9 octobre 1928 à Helsinki

"But autumn is also a time of colour, and of death. At the end the music thus turns into a festive dance con grandezza. Maybe it bears the echo of a sarabande to the dying splendour of summer - or as T.S. Eliot put it: 'late roses filled with early snow'."

British Ceramics Biennial 2009




http://www.britishceramicsbiennial.com/stories/1054-guerrilla_ceramics
L'expression " guerilla ceramics" me plaît infiniment. Elle sera une des composantes de la British Ceramics Biennial 2009, à Stoke-on-Trent.

Tim Borgmann




http://art.bt-3d.de/
Spectaculaires et magnifiques créations digitales de Tim Borgmann

"Dans les yeux d' Alain delon"



http://www.danslesyeuxdalaindelon.com/un_jour.php
La terre entière voit le monde avec les yeux d' Alain Delon.

"« Dans les yeux d’Alain Delon » est l’initiative d’un photographe français parti d’une idée très simple et matérialisée avec beaucoup de soin et d’effort : photographier chaque jour une personne de façon ludique et légère avec les lunettes d’Alain Delon.

Thaïlande, Brésil, Argentine, Cambodge, Australie, Kenya, Paris… pour ne pas citer toutes les destinations de ces lunettes. A la grande surprise du photographe, tout le monde connaissait notre acteur français, véritable symbole masculin français (bien que suisse) grâce à ses films mais surtout en prêtant son image à Dior pour le parfum Eau Sauvage.

Il est encore au Japon une star indétrônable puisque son parfum reste dans le top 5 des ventes."
Trouvé sur l'excellent site http://www.materialiste.com/art/alain-delon
Nul doute que notre phénomène national boive du petit lait!:-)

"redingote"

http://redingote.fr/crescendo/

Rostropovitch - Prélude from redingote. on Vimeo.

Des bisous! Des bisous!



"Yang Ya-Ching est une jeune bloggeuse Taïwanaise étudiant à Paris et partie de son pays avec un projet très précis : embrasser innocemment cent passants dans Paris.

Elle décrit son projet comme un processus pour garder intact le désir de connaître « Paris ». Une initiative qui a soulevé la polémique des hommes Taïwanais se sentant lésés de ne pas pouvoir y participer dans leur propre pays.

Vous pouvez probablement la croiser puisque Yang Ya-Ching en est à son 54ème cliché."

http://www.wretch.cc/blog/angelduck777/

Merci à http://www.materialiste.com/art/100-french-kisses

Côté architecture





H pour Hôtel, pour un hôtel très particulier situé à Kirkenes au nord-est de la Norvège.
http://www.archdaily.com/1032/hotel-kirkenes-sami-rintala/
Construit en bois et solidement ancré dans les rochers du bord de mer, il est peint en noir pour retenir la chaleur et ne pas choquer dans l'environnement, et en blanc à l'intérieur pour illuminer les longs hivers nordiques. Peu de chambres évidemment: une solo et une double. La location se fait auprès des agences spécialisées ou du bureau local du tourisme.

L'aventure Guédelon

"Au coeur de la Puisaye, dans l'Yonne en Bourgogne, une cinquantaine d'oeuvriers relèvent un défi hors norme : construire aujourd'hui un château fort selon les techniques et avec les matériaux utilisés au Moyen Âge.

Au milieu d'un espace naturel mettant à disposition toutes les matières premières nécessaires à la construction : pierre, bois, terre, sable, argile...des carriers, tailleurs de pierre, maçons, bûcherons, charpentiers, forgeron, tuiliers, charretiers, vannier, cordier... bâtissent jour après jour un véritable château fort sous les yeux de milliers de visiteurs.

Ce chantier, débuté en 1997, devrait durer environ 25 ans.

© Guédelon

© Guédelon

L'intérêt majeur d'une telle aventure réside dans l'observation des différentes phases de travaux. Chaque étape de construction est unique et constitue un événement en soi.

Quel que soit le créneau de réflexion retenu pour aborder ce chantier, Guédelon répond à bien des attentes de l'homme du XXIème siècle.

Guédelon est un chantier scientifique, historique, pédagogique, touristique et humain."

http://www.guedelon.fr/fr/

On zoome?







Pour la promotion du nouvel appareil Panasonic Lumix ZX-1 avec un zoom amélioré, l'agence AKOA a lancé cette campagne de publicité.
http://www.facebook.com/8xlife

Contre la violence

Une campagne publicitaire contre la violence verbale et le harcèlement. Waouh, c'est rude!
Merci à http://www.fubiz.net/2008/03/19/verbal-abuse/

Nostalgie

Des tee-shirts à messages drôlement sympathiques:
http://www.entropyapparel.com/catalog.html
Ca, c'est mon côté "années 70/80". J'ai longtemps porté des tee-shirts de ce style et je suppose que j'en suis nostalgique:-)

Humeur du matin


...recroquevillée sous l'effet du froid! Le thermostat de la chaudière collective semble avoir été pris de hoquet: je chauffe, je chauffe plus, je chauffe, je chauffe plus! Je reçois des coups de fil courroucés de voisins qui se plaignent mais que puis-je faire de plus? J'ai averti la société en charge du fonctionnement et j'attends leur intervention.
Je positive en disant que le froid conserve:-)
Je m'étonne à tout instant des modifications consécutives au stage du week-end dernier. Plus aucun accès de boulimie et une grande sérénité que je savoure. Je partage avec mes enfants et mes proches. Ils m'écoutent et m'entendent. Que du bonheur!
Claire Fo: il n'y a pas de hasard si nous nous sentons proches. Nous venons et revenons sur certains blogs parce que notre sensibilité est commune avec celle de leur créateur. Nous avons des atomes crochus, même sans nous connaître physiquement. Ils "parlent" à une infime partie de nous.
Nicole: je n'attends rien en retour de ce travail-cadeau. Marie-Laure et moi, nous nous aimons, nous apprécions. Pas de calculs entre nous. Elle peut compter sur moi et inversement.
En plus, ce stage m'a fait découvrir pourquoi je m'investissais autant, donnais autant. Je suis maintenant claire avec ça. Je n'ai plus rien à me prouver et à prouver aux autres.
Comme le répète Estelle: " C'est bien. Tout est parfait!"
Image: http://petit-chaperon.blogspot.com/2007_10_01_archive.html

Humeur du jour

 Un si long silence! Au début, j'étais préoccupée par de nombreux rendez-vous médicaux puis le non désir pointa son nez et je m'éloi...