mercredi 27 juillet 2011

Cadeau



"Écrire, plaisir d’écrire, de tenir un stylo à la main, de le faire passer sur le papier, d’avancer, de noircir la feuille - plaisir physique de l’écriture. Aujourd’hui, avec le clavier de l’ordinateur, j’ai l’air désuet à vanter le plaisir de tenir un stylo à bille à la main et de faire provenir la trace de l’écriture directement du prolongement de mes doigts. J’ai une écriture illisible, surtout quand j’écris vite, quand j’essaie de capter, de retenir, de noter la pensée qui flotte, les mots qui se bousculent pour sortir, le plein d’idées que je veux débroussailler pour en faire un texte, pour insérer ligne par ligne des éclairs diffus d’écriture. Il n’en reste pas moins que j’aime l’acte même d’écrire, d’immobiliser par écrit les textes que je découvre en moi, les paroles que j’invente, les idées que je cherche à retenir. Il y a dans l’écriture un plaisir physique de l’invention, de la rétention de la pensée, étonnement du passage du blanc au noir, du vide au plein, d’un vide qu’ébranlent des signes de plein. (...)
Écrire un livre, avoir envie d’écrire un livre, de fabriquer un ouvrage, de faire une œuvre. S’installer à sa table pour écrire, pour se parler à soi-même, pour mettre sa pensée au net, pour rendre ses comptes à soi-même, et aussi pour le plaisir de communiquer, pour se faire connaître, pour être reconnu. Écrire quand on a quelque chose à dire, écrire quand on n’a rien à dire, écrire juste pour le plaisir d’écrire, écrire parce que l’écriture est signe qu’on vit encore, que tout n’est pas terminé, qu’on n’est pas encore en simple attente de la mort, en état de pré-mort. Écrire pour le plaisir, pour la reconnaissance, pour la gloire, pour communiquer, pour faire savoir, et pour d’autres raisons encore - tout cela du domaine du rêve, du désir, de l’espoir. Puis il y a toujours ce doute, cette question qui irrite : pour qui tous ces livres, qui va les lire, qui veut les lire, et pour qui ce livre-ci ?
Écrire un livre : non pas l’obligation de l’écriture, le publish or perish des universitaires qui engage des vies entières dans le malheur de la production académique, dans de petites livraisons effectuées au fur et à mesure des étapes de la promotion - manière-simulacre d’exister devant les collègues, les étudiants et soi-même. Mais écrire un livre parce que c’est une joie d’écrire, une joie de faire des choses avec des mots et avec des idées. Non pas la corvée, même bien faite, mais le plaisir, le défi de faire, même si la production n’est pas toujours à la hauteur de l’intention."

"J’ai trois ans, une route en pleine campagne, je suis assis sur une poussette, le visage vers l’avant, il fait frais, je suis au chaud, bien couvert ; le vent caresse mon visage et me picote doucement. Je m’éloigne d’un endroit qui ne me plaît pas, je vais vers un endroit que je ne connais pas, je suis plein d’espoir et de joie. Poussé par une femme que j’aime, que je ne vois pas mais dont je reconnais la voix, qui me guide et me parle avec tendresse, je regarde autour de moi, je suis parfaitement heureux. Mon premier souvenir, souvenir de bonheur. (...) 
C’est de cette posture rêvée de mon enfance que parlent les Stoïciens et Spinoza : est libre l’homme qui sait reconnaître les contraintes de la nécessité et agir en accord avec elles ; sa liberté est tenue par les limites que la réalité, que sa réalité lui impose. Je suis le visage au vent, ouvert sur le monde, ouvert sur mon monde : mais en même temps, je suis assis sur ma poussette, tenu par elle, par mon monde, par mon " corps/esprit ", par ma culture, par ma vie, par ma mort. Etre libre, reconnaître les contraintes comme des amies dont il faut s’accommoder, et aussi comme des moyens avec lesquels il faut agir. (...)"



"Sur les pierres tombales égyptiennes, dans les bas-reliefs assyriens, on trouve en bas, dans le coin, loin des dieux et des rois, un petit personnage à genoux, les mains ouvertes, les paumes en l’air, le visage tendu vers l’avant, le regard fixé vers les dieux : le suppliant. Il demande la vie, la santé, le bonheur, la richesse, la gloire ; il tend les mains, il supplie, il espère. 

Posture de la supplication et de l’espérance.
Limoges, place de la République, janvier 1944, j’ai treize ans. Je traverse la place pour aller voir mon ami Chimy. Soudain une rafle, la place est bouclée par un cordon de gardes-mobiles, mousqueton à la main, pied contre pied, les jambes écartées. Pour sortir, il faut passer par un poste de contrôle, montrer ses papiers. J’ai sur moi une fausse carte d’identité, que j’ai peur de montrer. Je suis pris de panique, je ne sais plus que faire, je longe la ligne des gardes-mobiles, en m’efforçant de ne pas courir, de paraître naturel. Je ne regarde pas les gardes-mobiles, mais leurs jambes qui font grille. Soudain, je lève la tête, je saisis le regard d’un garde-mobile, je le vois encore, il me regarde, et brusquement il me prend par l’épaule, me plie entre ses jambes, me pousse vers l’extérieur, en me disant : " fous le camp ! ". Je me relève, je cours, je suis sauvé. (...)
J’ai supplié pour ma vie, sans crier, sans pleurer, avec juste un regard. Aurais-je dû ne rien faire, rester impassible, stoïque, accepter ? Ou bien lutter, me battre, chercher à forcer le barrage de policiers ? Non, j’ai supplié, car il n’y avait rien d’autre à faire, j’ai supplié parce que j’espérais. Derrière la supplication il y a l’espérance. Là où le droit et le mérite n’ont plus cours, là où la puissance est ailleurs, là jouent la chance et la malchance. (...)"

  
 
Jacques Schlanger, Nouvelle Solitude Éditions Métailie /poche, essais, 2006

Kris Kuksi

http://kuksi.com/
S'extasier devant les sculptures baroques de Kris Kuksi, entre détail infime et démesure.
"C’est un artiste complet qui s’intéresse aussi bien à la sculpture qu’au dessin et à la peinture. Ses oeuvres, notamment ses assemblages, regorgent de détails qui laisseront pantois n’importe quel figuriste qui se respecte  et débordent de références artistiques et religieuses. La dimension satirique est aussi très présente. Kris stigmatise les travers de notre société de consommation qui, selon lui, a rendu l’humanité frivole, avide et matérialiste en la détournant des valeurs essentielles." Lu dans http://www.ledepot.info/?p=238





Roman Shustrov

http://galeriegraal.com/galerie-art-contemporain-sculpteur-roman-shustrov
http://www.galeriegraal.com/galerie-art-contemporain-biographie-sculpteur-roman-shustrov
http://www.galagallery.ca/image.php?id=133&gid=46
http://www.zverev-gallery.com/index.php?option=com_phocagallery&view=category&id=75&Itemid=50

Comment ne pas sourire devant les délirants personnages en papier mâché de l'artiste russe Roman Shustrov?










Pascal Ladeveze

Un immense merci à Evelyne sous l'hiver tropical de l'île de la Réunion, qui vient de m'envoyer un lien vers un artiste des couleurs: Pascal Ladeveze. Il illumine ce matin de Juillet métropolitain en nous inondant de ce soleil provençal odorant..
http://ladeveze.free.fr/index2.php?lang=fr
Merci à http://www.klimantiris.com/gallery_PascalLadeveze.html#_self



Kehinde Wiley

http://www.kehindewiley.com/main.html
http://www.deitch.com/artists/selected_works.php?selectedWorksId=23&artistId=11
"En peignant anonymes ou célébrités dans des décors somptueux saturés d’ornements,  il réhabilite l’art du portrait dans la plus pure tradition européenne des 17 et 18 èmes siècles
S’il s’inspire autant d’Ingres que de David, cela ne l’empêche pas de peindre LL Cool J en Rockfeller, Ice T en Napoléon (« Qui d’autre que moi mériterait d’être Napoléon ? » a t'il déclaré ) "







Patrick Gannon

http://www.pgannon.com/
Apprécier la diversité des découpages de Patrick Gannon






Jeux d'ombre ou de soleil

 De beaux jeux d'ombre ou de soleil trouvés ici: http://bednij.livejournal.com/









"Le poème, qu'est-ce que c'est ?
M'a demandé une fillette :
Des pluies lissant leurs longues tresses,
Le ciel frappant à mes volets,
Un pommier tout seul dans un champ
Comme une cage de plein vent,
Le visage triste et lassé
D'une lune blanche et glacée,
Un vol d'oiseaux en liberté,
Une odeur, un cri, une clé ?"
Et je ne savais que répondre
Jeu de soleil ou ruse d'ombre ? -
Comment aurais-je su mieux qu'elle
Si la poésie a des ailes
Ou court à pied les champs du monde ?"
Maurice Carême

Koren Shadmi

http://www.korenshadmi.com/
Se laisser happer par le travail de Koren Shadmi. Poétique ou choquant, un mélange entre actualité et rêverie.





Karine Jollet

http://www.karinejollet.com/
http://www.favoritechoses.com/exclusive/karine_jollet/
http://www.favoritechoses.com/photos/mon_book_des_pieds_et_des/index.html
S'émerveiller devant le fascinant travail anatomique et artistique de Karine Jollet:
"A partir de draps anciens, de vieilles chemises, de mouchoirs brodés…de textiles usés, je découpe des pièces, les assemble, les modèle avec de la ouate et les couds à la main."





Roger Dautais

Quelques taches de couleurs dans l'univers de l'ami Roger Dautais. Il possède le don de m'émerveiller et de m'apaiser par ses mots et ses créations.





Humeur du matin


...moral au top et l'énergie d'une huître au soleil! Mon rhume est presque vaincu (merci les moyens naturels!) mais je suis fatiguée physiquement. Je discutais Samedi avec des presque septuagénaires et je confiais mon étonnement devant cette partition entre mental et physique.
Mon coeur et ma tête ont 16 ans et vibrent d'envies et de désirs. Mon corps suit parfois péniblement, craquouillant comme une vieille armure rouillée. J'ai -enfin- décidé de passer mes examens (ordonnance faite en Janvier dernier!) et de consulter mon médecin. Je prépare chaque visite en inscrivant sur un bout de papier, tout ce dont je veux lui parler. Ca le fait rire à chaque fois mais je redoute d'oublier quelque chose tant nos conversations sont longues et variées. Je pourrais chanter "je n'suis pas bien portant" d' Ouvrard! Non, je plaisante: ce sera plus une visite de routine et de renouvellement de prescription. L'occasion aussi de lui demander comment -lui- il va. Il est malade et nous partageons beaucoup de souvenirs puisqu'il soigna mon mari souffrant de cette même terrible maladie: Parkinson.
http://www.frmusique.ru/texts/o/ouvrard_gaston/jenesuispasbienportant.htm
En attendant, je me shoote à l'Echinacée, à la propolis, à l' huile essentielle d'eucalyptus et autres joyeusetés.
Aujourd'hui, babysitting avec Léna. Dernier jour avec notre puce et je le regrette. Je me suis habituée à ces longs tête-à-tête stimulants. Elle apprend tant de choses nouvelles en ce moment et c'est un vrai petit clown.
Et comment pourrais-je aller mal avec mon tarot du jour?
"Si vous n'aviez pas peur de tomber de haut, vous pourriez gravir quatre à quatre l'échelle de la réussite amoureuse, Martine. Prenez votre temps avant de vous lancer, mais lancez-vous quand même! Votre vie active se place sous le signe de la communication et des échanges aujourd'hui ! Ouvrez portes et fenêtres sur le monde, car un courant dynamisant vous porte et vous donne envie d'aller plus loin."
Allez, j'ouvre, j'ouvre!!! :-)

Humeur du jour

 Un si long silence! Au début, j'étais préoccupée par de nombreux rendez-vous médicaux puis le non désir pointa son nez et je m'éloi...