QUINQUABELLE ou les imperfections parfaites!

QUINQUABELLE ou les parfaites imperfections: "Ce qui a vraiment un sens dans l'art, c'est la joie. Vous n'avez pas besoin de comprendre. Ce que vous voyez vous rend heureux ? Tout est là . " Constantin Brancusi

samedi 11 juin 2016

Humeur du matin

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...en sueur, transpirant devant mon ordinateur après une sortie expresse. Je ne peux laisser ma mère seule trop longtemps donc j'ai préparé mon circuit pour rentabiliser au mieux le temps passé dehors.
Me voilà rentrée, hors d'haleine, les bras chargés et n'ayant plus trop l'envie de bouger. Ca tombe bien: rien n'est prévu:-)
Notre soirée fut vide car je ne suis pas fan de football. Mon voisin a accroché un beau drapeau tricolore à sa fenêtre mais ces agitations médiatiques me laissent froide. Je n'aime pas le football, point!
Récit écrit en 2006:
Il était une fois une famille ordinaire avec 2 filles très différentes. Cette petite famille était très unie pourtant le désordre y régnait: une des 2 soeurs n'avait pas été touchée par la baguette de la fée Football! Elle, elle adorait le rugby et ignorait superbement les corners et autres pénaltys.
Elle était regardée de travers par tous les membres de sa famille mais elle tenait bon, fièrement campée sur ses positions. Pourtant, un événement survint qui allait changer un instant le cours de sa vie: le départ en retraite de sa soeur et le cadeau farfelu des parents d'élèves de son école: 2 places pour le match de foot à Lyon entre l'OL et le PSG!
En apprenant que la Fille Football voulait aller assister à un match au stade de Gerland, la Fille Rugby tenta lâchement de se défiler en demandant à chacun de ses enfants de l'y remplacer. Hélas, tous étaient occupés sauf le fils qui s'y rendait aussi avec sa dulcinée.
La Fille Rugby dut se rendre à l'évidence: elle était condamnée à accompagner sa soeur! Elle fit un peu la tête mais pas trop, de crainte de chagriner sa jeune soeur..
Fort heureusement, le fils de la fille Rugby proposa de partir dans la même voiture. Elle soupira d'aise en l'apprenant: conduire de nuit et faire des créneaux n'étaient pas son fort:-)
Voici le récit de la Fille Rugby:
"Contrainte d'assister à ce match, j'ai dû faire contre mauvaise fortune bon coeur. Dans l'après-midi, j'ai préparé des vêtements chauds car la météo annonçait une température proche de zéro pour la soirée! C'était bien ma chance! J'ai donc sorti un tee-shirt Thermolactyl que j'ai vainement cherché pendant 1h et l'ai déniché sous une pile de vêtements au fond de l'armoire de ma fille. Il sentait un peu le renfermé mais tant pis: pas le temps de le laver avant le soir! J'ai sorti un gros pull, 2 paires de chaussettes, mes gants et une écharpe en laine polaire.
Pendant ce temps, ma soeur en faisait autant. Nous nous sommes habillées en nous demandant si ce serait suffisant comme protection..Une image m'a alors traversé l'esprit. J'ai expliqué à ma soeur que nous aurions l'air de 2 sumotori et nous avons fini en larmes à force de rire! Nous nous sommes mises à transpirer sous nos 8 couches de vêtements. Des oignons se préparant pour l'hiver!
J'ai attrapé 2 vieux plaids pour nous tenir chaud au stade. Ma fille Anaïs prit un air horrifié et s'exclama :"mais on dirait des couvertures pour chien!". Heuuuu, oui! 
Départ en fanfare et arrêt chez mon fils où il fallut ôter nos 8 couches protectrices pour ne pas mourir de déshydratation.
Un verre de jus de pomme plus tard (surtout ne pas trop boire pour ne pas avoir envie de faire pipi PENDANT le match!), le signal de départ fut donné. Trajet agréable..On se gare à 15 kms au moins pour trouver une place car tout est déjà occupé..Moi qui traîne la patte depuis plusieurs jours, je me renfrogne encore davantage mais je ne dis rien, je ne gémis pas: je boirai la coupe jusqu'à la lie!:-)
Les trottoirs sont noirs de monde et détrempés. Il faut éviter flaques boueuses et grappes humaines. Cerise sur le gâteau: pour entrer et rejoindre nos places, il faut contourner TOUT le stade!
J'avais déjà les genoux sous les omoplates. Un nombre invraisemblable de cars de CRS était garé tout autour du stade! Des centaines de flics harnachés, aux allures de Robocop! C'en était effrayant et en plus, ils ne sont guère souriants, ces guerriers de la rue! Ma soeur et moi arrivons enfin à NOTRE entrée. Mathieu et Anne-Cécile retournent sur leurs pas pour se rendre à la tribune des " Bad gones", LA tribune des abonnés remuants, une tribu bruyante et musicale. Ils ont des tambours et toute une série de chants qui mettent le feu au stade.
Nicole et moi sommes fouillées par de jolies jeunes femmes. Je m'emberlificote dans mon immense écharpe et mon sac à bandoulière. Je meurs de honte sous le regard hilare des minettes.
On nous libère enfin et nous suivons le flot des spectateurs. Nos places sont évidemment en haut de la tribune et il nous faut grimper 60 marches d'un escalier en pierre. Je suis au bord de la crise d'apoplexie aux 2/3 des marches. Ma soeur aussi et ça me rassure! Dans un souffle, je lui glisse que je vais pouvoir écrire " Nicole m'a tuer" .
Elle éclate de rire et nous finissons l'escalade par la face nord de notre tribune.. Trouver nos places est facile! Nous voilà installées sur nos minuscules sièges. Personne autour de nous. Ma soeur s'étonne. Je lui suggère que - peut-être - les parents d'élèves ont acheté 200 places autour de nous pour préserver notre tranquillité! Elle rit..
Coup de fil de mon fils qui m'explique où il est dans sa tribune. Nous lui faisons de grands gestes pour le saluer et nous montrer. Aussitôt une trentaine de mains nous répond. Ca nous fait rire! Mathieu m'explique au téléphone qu'on nous voit très bien puisque nous sommes seules dans notre tribune et toutes deux vêtues de rouge! Impossible de nous rater! Les gens arrivent et la tribune est vite remplie. J'ai hérité d'un voisin remuant, qui hurle avec forces gestes. En l'espace de 5 mn, je prends 2 fois son coude dans le visage. Je préviens ma soeur qu'au prochain coup, je le mords! Juste derrière nous, 5 jeunettes mignonnes comme tout mais complètement hystériques! Bonjour les décibels! C'est très agité, très bruyant et très grossier. J'avoue que j'aime pas trop mais je me tais. Pas envie de passer pour la bourgeoise et mijaurée de service! Ma soeur semble si heureuse d'être là alors pourquoi lui gâcher son plaisir? 
Les chants des tribunes en face commencent à retentir. 
Grégory Coupet déboule sur le terrain, aussitôt ovationné. Joel Bats - l'entraîneur des gardiens lyonnais - l'accompagne. Les anciens se souviennent de Bats, n'est-ce-pas? Je grelotte à voir Coupet avec un short et un tee-shirt! Comment fait-il pour résister? Il faut attendre 3/4 d'heure pour qu'enfin les 2 équipes sortent sur le terrain. Ovations et sifflets mêlés. Nous, nous n'avons pas de chance: les quelques supporters du PSG sont à droite de notre tribune, parqués et surveillés comme des animaux! Le match continue, je n'y comprends pas grand chose mais je suis le mouvement: quand les gens se lèvent, je me lève, quand ils se mettent à sautiller sur place en chantant "qui ne saute pas n'est pas lyonnais" , je le fais ..mais surtout pour me réchauffer et ne pas risquer de souffrir d'engelures!
Mauvais match à mon humble avis: les lyonnais se traînent, manquent trop de balles et l'arbitrage est nullissime! Pas besoin d'être grand clerc pour le voir! Les lyonnais marquent et c'est du délire. Les Parisiens égalisent et c'est le désespoir! Les lyonnais marquent 2 buts dans les 5 dernières minutes et c'est Hiroshima! Tout vibre, les hurlements, sifflets et applaudissements sont assourdissants.
J'avoue qu'à cet instant, je hurle avec les loups! ça défoule et ça tient chaud! Le match se termine et tout le monde sort en même temps. Les commentaires d'après-match vont bon train! L'arbitre a un costume taillé pour plusieurs saisons! La foule est si compacte que nous descendons les escaliers d'un seul bloc et là, patatras, je rate une marche et je déboule. Heureusement, je suis près de la rampe et la saisis des 2 mains. Mes genoux heurtent violemment les marches et je reste pendue à bout de bras comme un gros saucisson. Ma soeur a saisi un bout de mon écharpe dans un geste spontané et me voilà étranglée par ma propre soeur!
Je souffle:" lâââche-moâââ!" et elle se rend enfin compte de ce qui se passe. Elle me libère et je me remets sur mes pieds, vexée comme un pou d'être le point de mire, genoux talés et gorge douloureuse!!
Nous contournons de nouveau le stade, suivis du regard noir de nos CRS silencieux! On frissonne mais tout se déroule dans le calme! Nous rejoignons Mathieu et Cécile devant le Mc Do du coin. Les flics ont fait fort ce soir: contraventions à foison et des dizaines de véhicules en fourrière! Nous rentrons comme nous le pouvons au milieu de milliers de voitures (36072 spectateurs au match!).
A 1h du matin,nous nous écroulons hébétées sur mon canapé! Quelle soirée!"

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