"Percé jusques au fond du coeur
D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable vengeur d'une juste querelle,
Et malheureux objet d'une injuste rigueur,
Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue..."
Le monde est un pot de moutarde. J'aime à me coller le nez dessus. Ça pique et ça fait parfois pleurer.
Je suis atteinte de deux symptômes inguérissables jusqu'à maintenant: l'empathie et la sympathie! Je m'efforce de comprendre le fonctionnement mental des autres et je succombe à la sympathie sans hésitation.
Pour vivre mieux, je devrais me libérer d'elles. Vivre sans être atteinte par tout ce qui se passe autour de moi! Je tends vers cela, j'y travaille mais je me sens fragile et je dois lutter en permanence!
Alors, oui, pour moi le monde est un gigantesque pot de moutarde !
dans la brise du soir
sur les pattes du héron bleu
le clapotis de l'eau
*
la rivière d'été
passée à gué, quel bonheur
sandales à la main
Yosa Buson (1716 - 1764)
Herbe d'été flétrie
tout ce qui reste
du rêve de guerriers
Bashô (1644 - 1694), sur le site de la mort de Minamoto Yoshitsune
On grille des châtaignes
Tranquilles bavardages
Crépuscule du soir.
Shiki (1867-1902)
Buvons toute la nuit
Pour faire un pot à fleur
Du tonneau
D'ouest ou d'est
Sur les plants de riz
Bruit du vent
Bashô (1644 - 1694)
Lune froide
Le gravier crisse
Sous la chaussure
Foulant les feuilles dorées du ginkgo
Le gamin tranquillement
Descend la montagne
Buson (1715-1783)
Le vent de l'été
Apporte dans ma soupe
Des pivoines blanches
Ryokan (1758-1831)
A la flamme de la lampe
J'ai grillé
Mon pinceau gelé
Tairo ( - 1778)
Un immense merci au remarquable site:
http://www.chez.com/cuisinejapon/Haiku.htm
Merci aussi à
Un si long silence! Au début, j'étais préoccupée par de nombreux rendez-vous médicaux puis le non désir pointa son nez et je m'éloi...