Je ne quitterai pas la terre en flammes hautes.
Je la quitterai lentement comme je suis venu,
tel que j’ai vécu.
Je veux vivre ma cinquième saison, celle du terreau.
J’ai pris pacte avec mes souches, avec les vôtres. J’absorberai ma mort dans une longue communion, dans une fidèle reproduction de ce qu’aura été ma vie, patience du commencement.
Je n’ai rien livré au feu, ni mes délires, ni ma sagesse pourtant toujours temporaire, ni le plomb de vos secrets, ni votre douleur que je sentais venir alors que je ne vous connaissais pas.
Je ne livrerai rien au ciel ni aux océans, je ne rendrai rien à mon père,
mais à ces portes, à ces cloisons, au mur qui m’ont séparé de vous, je laisserai le cheminement de mes gestes et de mon imaginaire.
JEAN DUMORTIER
mardi 3 février 2009
1 commentaire:
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Superbe texte
RépondreSupprimerAsminette