Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, Funérailles de La Fayette
J’étais dans la foule, à l’entrée de la rue Grange-Batelière, quand le convoi de M. de La Fayette défila : au haut de la montée du boulevard le corbillard s’arrêta ; je le vis, tout doré d’un rayon fugitif du soleil, briller au-dessus des casques et des armes : puis l’ombre revint et il disparut.
La multitude s’écoula ; des vendeuses de plaisirs crièrent leurs oublies, des vendeurs d’amusettes portèrent çà et là des moulins de papier qui tournaient au même vent dont le souffle avait agité les plumes du char funèbre.
a cet endroit précis, à l'entrée de la rue de la grange batelière, lundi,planait comme une atmosphère de funérailles, le soleil rendait la scène éclatante et l'instant moins solennel, les coeurs étaient gros, emplis de charge émotionnelle, sauf pour le bourreau,qui observait la dépouille s'éloigner avec une indifférence que tous aurions souhaité irréelle.
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