Certains jours, la mer semble oublier la ville. Elle danse pour elle seule sa faéna, au loin, tandis que la foule médusée toujours la regarde… Ce ne sont que déploiements de soie, drapées scintillants, courses illimitées des crêtes, cadences, cataractes sur cataractes et panaches éclatants. On ne peut plus quitter des yeux les mille moteurs, toutes les hélices de la furieuse machine à rouleaux, à rumeurs. Elle vous dévale l’univers. On se gave des prodigieux alexandrins de l’océan, de son refrain. Puis la ville vous accapare soudain, quand la nuit tombe. L’attraction change. Un poitrail sombre vous fascine érigé sur la rumeur du vide. La couronne d’un palais criblé d’or coiffe la robustesse du roc et la toison du monstre. Alors Biarritz se rapetisse sur son île. Toutes ses piscines font des œillades brillantes à la nuit. Mais la mer aux aguets ne lèvera pas le siège. Elle valse dans le velours des ténèbres et la balafre des lumières lui fait des tatouages verts.
L’atlantique et les amants - Patrick Grainville - Extrait tiré de "Je vous écris du Pays Basque" (textes recuillis par Jean-Claude Garnung)
Lu sur http://pagesperso-orange.fr/mondalire/FAtext26.htm
L’atlantique et les amants - Patrick Grainville - Extrait tiré de "Je vous écris du Pays Basque" (textes recuillis par Jean-Claude Garnung)
Lu sur http://pagesperso-orange.fr/mondalire/FAtext26.htm
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