Il me héla, me proposa d’embarquer.
Le bateau balançait
entre le quai et la bouée.
Comment partir,
une main sur la charrue,
les yeux dans le soleil,
le cœur en émoi ?
Marin il n’avait
qu’un sac d’oublis et de lointains
dans lequel ne pesaient ni le passé
ni le futur.
A cet instant
nous ne partagions, le marin et moi,
que le présent.
Mais déjà, j’avais semé et j’espérais,
soucieux de ne pas indisposer le ciel.
Mes heures étaient lourdes de sens
et le poids des nuages
lestait chacun de mes pas.
Il me héla encore, me proposant d’embarquer.
C’est l’instant que saisit la pluie
pour me fixer au sol.
Sur la mer le grain fut sans effet…
Son sourire amusé fut la dernière image
que je gardais de lui
alors qu’il larguait les amarres.
Gérard Pons
http://musicaspencer.canalblog.com/tag/Po%C3%A9sie
Beau poème et belle photo pour bien débuter la journée...Merci !
RépondreSupprimerIl me semble entendre la Corse en lisant des mots de Gérard Pons, légers, facile, beaux. Un frisson, celui de la reconnaissance...
RépondreSupprimerAmicalement. Loic
www.loicdetrigon.fr/racines/