Un peu plus haut vers la forêt, il y avait une colline avec un grand champ plein de vent, je m'en souviens. Le père riait, le fils s'envolait au bout du cerf-volant. Moi je ne riais que si mon frère le faisait. Il paraît que mon père m'aimait. C'est con la vie. C'était beau ce jour-là. Je me souviens. La lisière de la forêt. Sa fraîcheur. Le bruit de nos respirations. Cet homme, mon père. Et mon frère. Je l'aimais bien, mon frère. Je me souviens bien de ça. Révolté. Indépendant. Il a cramé dans sa caisse. Sous un camion. Sur une route au petit matin. Dans mes oreilles claque la voile du cerf-volant.
Richard Bohringer, Le bord intime des rivières - Denoël 1994
Richard Bohringer, Le bord intime des rivières - Denoël 1994
Des phrases comme des rafales de mitraillette, le froid, la mort, la vérité, la crudité et une tendresse...infinie!
Belle et émouvante image sortie tout droit d'un blog très tendre:
http://paysnoir.blog.lemonde.fr/category/gens/page/3/
"C'est con la vie", c'est vrai. Mais "c'était beau ce jour-là".
RépondreSupprimerJe redonde un peu. Mais c'est si bon de reprendre à plusieurs des mots tendres.