mercredi 16 juin 2010

Cadeau


Il y a dans la mémoire un fleuve ou naviguent
Les bateaux de l'enfance, en arcades,
De rameaux inquiets que déploient
Sur les eaux les feuilles recourbées.


Il y a un battement de rames mesuré
Dans le silence du petit matin lisse,
Des ondes douces s'éloignent sur le coté
Avec une rumeur de soif chiffonnée.


Il y a un lever de soleil au site exact,
À l'heure qui le plus compte d'une vie,
Un réveil des yeux et du toucher,
Un tournant de soif inextinguible.


Il y a un portrait d'eau et de lassitude
Qui du fond a jailli de cette mémoire,
Et tout ce qui ouvre dans le chant
Qui conte du portrait le vieille histoire.

*

José Saramago
Les poèmes possibles
traduit du portugais par Nicole Siganos

http://papoilasauvento.blogspot.com/


Photo: http://www.haumaru.com/photoblog/index.php?showimage=38

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Et un gros MERCI !!!!

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