dimanche 13 juin 2010

Georges Jeanclos

Le critique d'art français Pierre Morel dit :
  • « Une fois qu'on l'a rencontrée, l'œuvre de Georges Jeanclos ne peut plus s'oublier... Les mots qui viennent à l'esprit sont douceur - tendresse - silence - pitié. »
  • Lu sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Jeanclos
http://www.franklloyd.com/dynamic/artist.asp?ArtistID=10
"Dans ce texte issu de ses écrits intitulés "Terres", il raconte son travail de modeleur: Le bonheur sur la terre
Cette relation singulière construite sur le vide, l'air occulté dans un cocon de terre où germent un ventre rond, une épaule, ce doigt tendu sous la verrière, réassembler ce corps épars, coucher sur l'argile pneumatique ce corps survivant, endormi au creux des draps gris, la lumière qui descend sur les visages anonymes, lisses comme des galets. Le soir, seul spectateur d'un monde endormi, annonciation aux portes d'un paradis aphone et bleu. Ce bonheur qui germe sous mes doigts à travers les lettres carrées, entre le pouce et l'index, pincement délicat du lobe et du téton. Il peut suspendu un instant comme un grand paon de nuit, dévoiler aux creux des plis, la tendresse, à tâtons, découvrir à reculons l'objet de mon désir. Corps retrouvé dans la glaise humide. Bonheur d'être debout, campé ferme sur les jambes, le torse flexible qui agite au bout des bras ce drap de terre souple. Retenir du bout des doigts ce prolongement de moi.
Terre de tendresse, paradis oublié, condition de ma survie, création de jouissance, vertige, extase que ponctue chaque jour un point d'orgue, riches heures passées à piéger la forme avec, au bout du chemin, ce corps retrouvé entre ciel et terre.
Ce vide autour duquel je construis, ouvrage de la journée, qui sous-tend tout cet édifice de voiles de terre, produit de l'étirage de l'argile. Cet instant crucial où l'air enfermé assure la tenue d'un globe souple. Tel un coussin d'air, il peut devenir corps, ventre fécond de tous les possibles, accouplements, membres qui percent sous les voiles. Ce volume centré sur la sellette devient un monde où le corps morcelé se reconstruit dans un espace et un temps limités - gagnés de vitesse -. La faille toujours possible, défaillance de la matière, qui me guette. L'effort soutenu pour être dans les temps. Dépendant des effets sur la matière, de la chaleur et de ma force, il faut tenir, durer, heures de gestation qui ramènent à la lumière ces formes luisantes. Tout faire avant que cette eau d'en bas s'évapore et me laisse impuissant. La fatigue me gagne et je dois m'étendre pour reprendre un souffle que seul le sommeil vient régénérer, comme si, pour finir ma journée et clore mon travail, j'avais besoin d'aller chercher dans un ailleurs la force qui me manque pour conclure ce voyage autour d'un vide piégé dans le bonheur.". Lu sur http://ulik.typepad.com/stabu/2006/04/georges_jeanclo.html

1 commentaire:

  1. c'est vrai ces oeuvres sont magnifiques et je ne suis pas prête de les oublier...

    Merci de nous les remttre là !!!

    Bonne journée

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Humeur du jour

 Un si long silence! Au début, j'étais préoccupée par de nombreux rendez-vous médicaux puis le non désir pointa son nez et je m'éloi...